Je vous fais part aujourd’hui de ma propre expérience, et particulièrement des films documentaires qui m’ont amenée à tenter de devenir un consommateur responsable. Née après les chocs pétroliers des années 70, fille de Baby-boomers, j’ai été élevée avec le développement des grandes surfaces, de l’obsolescence programmée, et du tout tout de suite. Adolescente durant les années 80, j’ai grandi avec l’arrivée du Sida, la chute du mur de Berlin, la guerre Iran/Irak, les manifestations de la place Tien’Anmen, la famine en Ethiopie et les catastrophes de Tchernobyl et de Bhopal. Mais aussi avec le développement des ordinateurs personnels et des consoles de jeux à la maison, l’arrivée des radios libres et des vidéos clips, de la carte à puce, la vie et la mort du minitel, le succès de Mario, d’E.T, de la guerre des étoiles et du retour vers le futur, etc…

Je ne le cacherai pas, j’ai été le parfait exemple de l’ultra-consommation, du tout plastique et du jetable. Comme la plupart des personnes qui ont changé leur fusil d’épaule, l’arrivée de mon enfant a grandement changé la donne. Je ne pouvais plus donner ce modèle à mon enfant, je ne pouvais pas non plus lui laisser une planète poubelle, ni lui proposer un monde fait de pesticides, et de biodiversité mourante. J’ai donc fait le choix de m’installer en agriculture biologique, de faire mes propres produits ménagers puis cosmétiques, bref de lui monter une autre voie, une autre manière de faire, un autre monde.

Pour en arriver là, je me suis bien sûr beaucoup documentée. J’ai beaucoup lu (mais ce sera l’objet d’un prochain article), et j’ai visionné pas mal de films documentaires autour de l’écologie, de l’agriculture, des modes de vies alternatifs, des solutions possibles ou des constats alarmants. Je vous livre donc aujourd’hui ma sélection toute personnelle des documentaires qui m’ont aidé à prendre conscience de l’ampleur du travail à effectuer…

 

  • « L’île aux fleurs » (Jorgue Furtado) – 1989
    Ours d’argent du court métrage du Festival de Berlin en 1990, ce documentaire est libre de droits (n’hésitez donc pas à le partager!). On peut y suivre le parcours d’une tomate, de sa production, jusqu’à son arrivée à la décharge publique de l’île aux Fleurs. Cette tomate est produite par M. Suzuki, puis achetée par Mme Anete. Lorsque Mme Anete prépare son repas, elle écarte cette tomate qu’elle juge impropre à la consommation par sa famille. La tomate est alors destinée à la décharge à ciel ouvert de l’île aux fleurs, à Porto Alegre. Ce film pamphlet, drôle et grinçant, voir cynique dénonce… Mais je ne vous spoile pas le documentaire, à vous de vous faire un avis sur la question.

  •  « Une vérité qui dérange » (Al Gore/Davis Guggenheim) – 2006
    Dans ce documentaire de 2006 (prix Nobel de la paix avec le GIEC en 2007), Al Gore met en avant le débat sur la politique et l’économie du réchauffement climatique. Il y explique les conséquences que ce changement entraînera dans les années à venir, si la production de gaz à effet de serre n’est pas considérablement réduite. A l’inverse du discours établit des grands lobbies influents, il démontre aussi que la défense de l’environnement est compatible avec les politiques de développement économique.
  • « Gazland » (Josh Fox) – 2010
    Ce film aborde la problématique de l’impact environnemental et sanitaire de la méthode d’extraction du gaz de schiste par fracturation hydraulique, et Josh Fox y interroge des scientifiques, des personnalités politiques et des industriels. Synopsis : Josh Fox reçoit un courrier d’une compagnie d’extraction de gaz qui lui offre 100 000 dollars en échange du droit d’installer des puits de forage sur les son terrain en Pennsylvanie. Le réalisateur se renseigne et nous informe au passage sur l’exploitation du gaz de schiste en Pennsylvanie, dans l’État de New York, en Ohio et en Virginie-Occidentale. Un document qui n’est pas des plus rassurants quand à ce type d’exploitation de nos sols…
  • « Nos enfants nous accuseront » (Jean-Paul Jaud) – 2008
    Le documentaire traite de l’empoisonnement supposé de notre alimentation par les pesticides, les fongicides, les engrais, etc… à travers le cas d’une école. Le maire de Barjac, petite commune du Gard, décide que la cantine scolaire passera à une alimentation biologique. Enfants, parents, enseignants, paysans, élus, scientifiques et chercheurs nous donnent leurs analyses, leurs expériences, leurs angoisses, leurs colères, et les résultats de leurs travaux, et esquissent des réponses. Un sujet qui revient aujourd’hui sur le devant de la scène suite à la dernière étude de l’INRA qui met en avant que le risque de cancer serait réduit de 25% chez les consommateurs réguliers de Bio.
  • « Solutions locales pour un désordre global » (Coline Serrault) –  2010
    Coline Serreau cherche à travers ce film à nous démontrer qu’il existe des alternatives et des initiatives pertinantes quand à l’avenir de l’humanité et de l’état de la planète. La réalisatrice y rencontre, à travers le monde, des personnes qui mettent en œuvre des solutions face aux désordres environnementaux : Pierre Rabhi, l’écologiste indienne Vandana Shiva, les micro-biologistes des sols Lydia et Claude Bourguignon, les paysans sans terre du Brésil, Kokopelli… Un film plein d’espoir, qui renvoie la balle à son film de 1996 « La belle verte », sorte de conte philosophique, qui abordait déjà les thèmes de l’écologie, de la décroissance, de l’humanisme à travers des dialogues drôles et piquants.
  • « Des abeilles et des hommes » (Markus Imhoof)- 2012
    Charles Berling nous raconte les liens qui lient l’homme et l’abeille, en évoquant la sociologie humaine et sa relation avec la nature. Ce documentaire pédagogique, nous donne des pistes quand au syndrome d’effondrement qui frappe les ruches, et évoque l’éventuelle disparition des abeilles et ses conséquences. Les prises de vue sont purement spectaculaires et nous permettent d’entrer à l’intérieur d’une ruche, jusqu’à un couvain de reine. Ce film présente les divers métiers apicoles et les pratiques plus ou moins saines de la filière. De la Californie à la province du Sichuan on peut suivre la vie et la mort des abeilles mellifères…
  • « Le monde selon Monsanto » (Marie-Monique Robin) – 2008
    C’est la première grande enquête qui a mis en cause la multinationale Monsanto. Marie-Monique Robin commence ses recherches sur Internet, puis enquête plus en avant, avec des interviews téléphoniques et de terrain, durant trois ans et sur trois continents. Le film raconte l’origine et le développement de cet empire, les connivences avec l’administration nord-américaine, les pressions et les tentatives de corruption, et comment Monsanto est passé de producteur de l’agent orange, à premier semencier mondial. Accrochez-vous, un documentaire choc !
  • « Flow the film » (Stella Thomas) – 2008
    Le film pose la question suivante : « Qui peut être propriétaire de l’eau ? ». Le problème que pose la raréfaction de l’approvisionnement en eau douce dans le monde, est donc mis en avant à travers le prisme de la politique, de la pollution, et des droits des peuples à y accéder. Des entretiens avec des scientifiques, et avec des activistes montrent la crise de la ressource en eau qui se profile dangereusement. En plus de soulever la problématique, le documentaire vous offre un aperçu des personnes et des institutions proposant des solutions pratiques à la crise de l’eau, pour proposer un redressement économique et mondial viable. De beaux exemples de résistance face aux grands groupes…
  • « We feed the world » (Erwin Wagenhofer) – 2005
    De la Roumanie, à l’Autriche, en passant par le Brésil, la France et l’Espagne, l’enquête est centrée sur la manière dont est fait ce qui arrive dans nos cuisines et dans nos assiettes. Comment en achetant un poulet industriel dans notre supermarché local, on soutient le défrichement de l’Amazonie ? Parce que le Brésil qui fournit 90% de la consommation mondiale de poulets à bas prix, déforeste intensément pour cultiver du soja qui sert à nourrir les-dites volailles, élevées en batterie. Le documentaire met également en avant les différences entre l’énorme machine qu’est l’industrie agroalimentaire et les petites exploitations. Un style « coup de poing » pour un documentaire qui tend à éveiller les consciences.
  • « Ma vie Zéro déchet » (Jean-Thomas Ceccaldi, Donatien Lemaître, Dorothée Lachaud) – 2015
    Donatien Lemaître, acteur du documentaire se lance le défi de réduire au maximum sa production de déchets à la maison en six mois. Le foyer, composé de sa femme de son bébé et de lui même, passe donc de 30 à 1 kilos de déchets/semaine. Une expérience qui éloigne petit à petit Donatien de la société de consommation, et qui le force à se montrer créatif et astucieux au quotidien. Ce documentaire nous montre aussi les limites et le peu d’investissement des pouvoirs publics à quelques exceptions près. Une expérience à voir et pourquoi pas à tenter ?

 

Et vous quels sont les documentaires qui vous ont marqué ?

1 Commentaire

  • The end of the line….documentaire très intéressant sur l’état de nos océans (je ne pense pas qu’il est été traduit donc en anglais)!

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