Ortie : cette plante aux bienfaits méconnus

Fin d’hiver, début de printemps, ses pousses tendres sortent dans toutes les régions tempérées du monde… J’ai nommé l’ortie ! Souvent mal-aimée car qui s’y frotte, s’y pique, cette « mauvaise herbe » regorge pourtant de vertus médicinales et culinaires ! Ne faites plus la chasse à cette simple ou plutôt si, faites-la… Mais pour vous concocter de délicieux remèdes et préparations ! Vous pouvez la trouver sous différentes formes : séchée, en poudre, en gélule ou encore en ampoule En revanche, si vous en avez dans votre jardin, ne boudez pas le plaisir de la cueillette, elles vous feront le plus grand bien !

L’ortie, une plante mal-aimée

ortie

Vous trouverez des orties particulièrement dans des zones inconnues. En lisière de bois, de fossés, de jardins ou même de décombres par exemple… Pourvu qu’ils soient frais et humides. Leur pousse est le signe d’un endroit les matières organiques (végétale ou animale) sont en excès dans le sol. Cela peut également indiquer un dépôt de fer (dépôt de ferrailles…).

Il existe en France, cinq espèces de cette plante vivace. Elles s’utilisent toutes de la même façon et ont quasiment les mêmes vertus. La plus connue et la plus répandue est l’Ortie dioïque ou Grande ortie.

Prévenir et soulager les piqûres d’orties

Oui, l’ortie pique, les méditerranéennes étant les pires ! En effet, comme toutes les plantes, les orties ont aussi ce qu’il leur faut pour se défendre contre les agresseurs. Celui que l’ortie craint le plus étant bien sur…l’herbivore. Donc l’humain, en subit les conséquences lui aussi!

C’est d’abord leur petite pointe de silice qui pénètre notre peau au moindre frôlement. Leur extrémité se brise alors, leur permettant d’injecter sous la peau un « cocktail urticant ». Douloureuses, leurs piqures ne sont cependant pas (si) méchantes. L’histamine et l’acide formique suscitent un œdème et une brûlure légère. Tandis que la sérotonine et l’acétylcholine provoquent la démangeaison, lorsqu’ils arrivent dans notre organisme de cette façon.

Remarque : la sérotonine et l’acétylcholine sont des neurotransmetteurs que notre organisme sait fabriquer. On aime bien son action stimulante sur notre système nerveux végétatif… Oui, mais pas quand on se fait piquer par des orties !

ramassage d'ortie
  • Pour éviter les piqûres d’orties : apprenez à les cueillir. En effet, leurs poils ont un sens sur les tiges… Simplement, ne les prenez pas à rebrousse-poil, mais du bas vers le haut. Vous pourrez ainsi passer pour un fakir en cueillant sereinement vos orties ! Vous pouvez aussi mettre des gants pour une cueillette sereine…
  • Pour soulager une piqûre d’ortie : Si vous vous faites piquer, en premier lieu, cherchez dans les environs de l’ortie une feuille de plantain, d’oseille, de mauve ou encore de menthe sauvage. Puis, froissez-la entre vos doigts et passez son suc sur la partie irritée sans avoir gratté auparavant. Là, vous serez un sorcier…

L’ortie, une plante riche en nutriments…

feuille d'ortie

Là, je parle des feuilles fraîches de l’ortie. C’est en effet l’une des plantes les plus riches en nutriments. Beaucoup sont encore présents dans la plante sèche, surtout les minéraux). Ainsi, elle contient :

  • De nombreux minéraux : calcium, fer, magnésium, potassium…
  • Des oligo-éléments : zinc, cuivre, soufre, silice, manganèse…
  • Mais aussi, des vitamines : Vitamine C (100g de feuilles fraîches = 1 orange), vitamine E (100ù des AJR), vitamine A (pro-vitamine). Mais aussi vitamines B (B1, B2, B3 ou PP, B6, B9) et enfin vitamine K.
  • Des flavonoïdes,
  • Des tanins,
  • De la chlorophylle,
  • Et enfin, tous les acides aminés essentiels (jusqu’à 40% dans les cueillettes printanières) !

… Et en vertus thérapeutiques !

ortie séché

Hippocrate, Avicenne et Hildegarde de Bingen mentionnaient déjà l’ortie dans leurs écrits comme une plante médicinale majeure.

Amélioration du fonctionnement général de notre organisme :

Ainsi, la richesse de l’ortie en vitamines et autres nutriments fait d’elle une alliée de choix. Elle améliore le fonctionnement général de notre organisme.

Ortie
  • L’alliance de Fer et de vitamine C rend l’ortie très efficace comme anti-anémiante. En outre, le fer végétal est plus facilement assimilable par l’organisme que le fer minéral.
  • Zinc, Calcium, Magnésium, Silice, Sélénium, vitamine C… Font par ailleurs d’elle une ré-équilibrante des systèmes nerveux, endocrinien et immunitaire . Elle permet également de régulariser les fonctions vitales.

L’ortie, une reminéralisante hors-pair :

complément alimentaire aux orties

L’ortie, drainante et détoxifiante :

gélule orties

La richesse en minéraux de l’ortie en fait par ailleurs une plante drainante et détoxifiante. Elle est particulièrement intéressante au printemps et à l’automne :

  • Pour les voies urinaires : 3 ou 4 tasses / jour d’infusion de feuilles d’ortie pendant 3 semaines.
  • En cas d’infection urinaire,
  • De rétention d’eau,
  • Mais aussi, en prévention de calculs rénaux,
  • En cas d’hypertension artérielle,
  • Ou encore d’hypertrophie de la prostate

Des vertus anti-inflammatoires et une action alcalinisante

De par ses vertus anti-inflammatoires et son action alcalanisante, l’ortie est par ailleurs la plante phare des traitements naturels :

  • Ainsi, elle participe au traitement de l’arthrite, de l’arthrose, des états rhumatismaux.
  • Ces vertus lui permettent également une action sur les peaux à problèmes : eczéma, peau grasse ou encore acné.

Ortie & allergies

On l’utilise en prévention des allergies voire pour soulager les états allergiques. L’ortie peut en effet permettre aux personnes sujettes aux rhumes des foins, asthme, urticaire, de passer un printemps plus serein.

Autres applications de l’ortie :

  • En période d’immunité basse, pensez qu’elle est virulicide (= combat les virus) et antibactérienne.
  • Elle est aussi expectorante, hémostatique, analgésique, galactogène, stimulante de la mémoire… Bref, la panacée !

La cueillette de l’ortie :

En premier lieu, pour vous adonner aux joies de la cueillette, évitez bien sûr les endroits pollués. On évite donc les bords de route, de prairies, de vergers ou de champs cultivés avec des produits chimiques.

Cueillette sauvage

Éloignez vous également des tas de compost ou de fumier. Les plantes ont la faculté de concentrer certains produits (nitrates…) qui peuvent être nocifs pour la santé.

Et si vous avez un jardin, peut-être pouvez-vous favoriser leur poussée !

Je cueille pour la cuisine :

Voici comment procéder si vous cueillez l’ortie en vue de la cuisiner :

  • Choisissez les orties les plus jeunes possibles ou bien les bouts de tiges. En tout cas avant floraison car elles sont délicieuses crues ou cuites.
  • Par ailleurs, mettez des gants ou utilisez la méthode « rebrousse-poil » pour les cueillir et les effeuiller. Rassurez vous, une fois cuites, elles ne piquent plus !).
  • Enfin, lavez les orties dans 3 eaux, dont la première avec une bonne dose de vinaigre pour réduire la contamination (surtout les feuilles cueillies à ras de terre).

Je cueille pour les vertus médicinales :

En général, quand on cueille l’ortie pour ses vertus médicinales, on préfère la feuille, mais parfois aussi la racine ou le totum (la plante entière). Ainsi, vous pouvez utiliser l’ortie :

  • En application de feuilles fraîches, si vous êtes audacieux.
  • Bouillie, en cataplasme.
  • Fraîche, en infusion, en jus ou en cuisine.
  • Séchée, en décoction, poudre

Personnellement, je trouve l’ortie peu goûteuse et j’aime l’accompagner de verveine ou de menthe poivrée.

Je ne peux pas m’adonner aux joies de la cueillette :

Les laboratoires de produits naturels commercialisent l’ortie sous différentes formes :

Ortie piquante bio feuilles en gélules

Attention : Si l’ortie n’a pratiquement pas de contre-indications, demandez quand même conseil à un praticien en santé naturelle spécialisé en plante médicinale en cas de problèmes cardiaques ou rénaux particuliers ou si vous prenez des médicaments.

L’ortie en cuisine : quelques recettes

On peut également consommer les feuilles d’ortie en tant que « légumes ». En effet, cuisiner l’ortie est, pour tout Naturopathe, une évidence !

Soupe d'orties

Veillez alors à les cuire sans les maltraiter, c’est à dire en essayant de garder le maximum de leurs nutriments. C’est pourquoi vous les cuirez à température douce et pas trop longtemps.

La soupe d’ortie, un classique :

  • Pour commencer, faites cuire un oignon et 2 pommes de terre largement recouverts d’eau salée dans un faitout.
  • Ajoutez y une feuille de laurier et quelques grains de poivre.
  • Puis, 10 minutes avant la fin de la cuisson, ajoutez un saladier de feuilles d’orties et une à 2 gousses d’ail écrasées.
  • Laissez ensuite frémir, ajoutez un trait de bonne huile d’olive. Enfin, quand la soupe est cuite, il suffit de la mixer !

Astuce : servez pourquoi pas votre soupe avec une crème végétale fouettée, pour la petite note gourmette !

En garniture pour mes omelettes, tartes, tourtes, lasagnes…

Là, vous utiliserez les orties après les avoir faites cuire à couvert à petit feu pendant une dizaine de minutes, sur un lit d’oignons et d’ail à peine revenus dans l’huile d’olive. Puis, une fois salées et poivrées, vous les agrémenterez, au choix :

Laissez aller votre créativité et surtout, régalez-vous, tout en vous faisant du bien !

Martine Calvet – Naturopathe

Lisez également :
Le chanvre : nom tendancieux, plante vertueuse
Le plantain : cette plante méconnue
Le millepertuis : cette plante méconnue
L’arnica montana : cette plante méconnue

Laisser un commentaire