Collapsologie et éco-anxiété – Partie 2

Résumé de l’épisode précédent

La collapsologie est donc une discipline qui étudie l’effondrement inéluctable de notre civilisation sous différents angles : la climatologie, l’économie, la psychologie, l’anthropologie, la sociologie, etc…

Souvent, lorsque l’on commence à lire sur ces sujets, on tombe de haut, car on avait bien conscience que quelque chose n’allait pas, mais on découvre qu’on n’avait pas toutes les billes pour aborder le sujet et que… c’est encore pire que ce qu’on pensait !

Eco-anxiété / solastalgie

Arrive alors un moment où nous pouvons nous sentir dépassés, submergés, voire totalement désespérés ! Certaines personnes tombent carrément en dépression, et cette sorte de détresse bien particulière porte un nom (voire deux !) : l’éco-anxiété, aussi nommée solastalgie.

Le petit colibri qui était en nous se prend une grosse rafale en plein dans sa minuscule tête. Et si tout ce qu’on faisait ne servait à rien ?

Comment survivre psychiquement au milieu de ces mauvaises ondes

Accepter ses émotions

Tout part de l’intérieur de nous. Une erreur d’interprétation, ou pire, le déni de nos émotions vont peut-être apaiser notre souffrance sur le moment, mais à mon avis, c’est reculer pour mieux sauter…

On ne s’en débarrasse pas en l’enfouissant sous le tapis, ça ne marche déjà pas avec les monticules de déchets plastiques enterrés, ça ne marchera pas non plus avec notre tristesse ou notre colère !

Ces émotions négatives qui surgissent quand on se rend compte de l’urgence de la situation est très difficile à vivre : tristesse de voir la nature saccagée, colère contre les industriels et les gouvernements qui ne prennent pas les mesures adéquates, frustration de ne pas avoir un plus grand pouvoir d’action pour renverser la vapeur, etc… Et derrière tout cela : la peur, bien sûr !

Peur de vivre dans un monde où les problèmes vont se multiplier, où notre confort est remis en question, et surtout, peur pour nos enfants et les générations futures.

Si nous ressentons ces émotions, c’est que la prise de conscience a commencé.Et aussi désagréable que cela puisse paraître, c’est une étape essentielle. Sans prise de conscience, pas d’action !

Il faut malgré tout essayer dans ces moments-là de nous accrocher très fort à ce qui nous fait du bien ! Comme dit la citation : « Faites ce que vous aimez, et faites-le souvent » !

Pour ma part, j’ai des plaisirs très simples : aller voir mes animaux, les bras de mon amoureux, les discussions sur les extra-terrestres avec mon fiston, aller manger un brunch végé qui déchire avec une copine… Parce que oui, on a le droit d’être heureux quand-même !

Nous autres, êtres humains, avons une capacité extraordinaire à monopoliser toute la bande passante de notre cerveau à ruminer sur le passé et le futur : pourquoi les générations passées ont-elles agi de manière si inconsciente, pourquoi a-t-on laissé la situation en arriver là ? Que va-t-il se passer dans le futur, quand, comment ? A quoi va-t-on devoir renoncer, est-ce que ça va être difficile ?

STOP STOP STOP !

Si j’étais experte en méditation et en yoga, je vous dirais bien d’aller voir de ce côté-là (malheureusement je suis absolument nulle sur ces sujets), mais je peux quand-même vous dire : concentrons-nous sur le moment présent !

Nous ne sommes pas coupables de l’enchaînement de situations qui ont fait qu’on en est arrivé là, et le monde a besoin aujourd’hui de personnes qui sont bien dans leurs baskets ! Si on est en PLS dans son lit toute la journée, on ne fera rien avancer.

Agir : nos actions ne sont pas inutiles.

Rappelons quand-même que nous ne sommes pas dans la situation où un astéroïde foncerait sur la Terre avec une vitesse et une distance déterminée, et où à telle date, sans aucun doute possible, cela serait le black out.

Et n’oublions pas non plus que toutes les études sont des projections, mais qu’il y a tellement de facteurs que rien n’est certain. Enfin si, quelque-chose est certain, ce ne sera pas l’apocalypse du jour au lendemain.

Pour certains d’entre nous, l’action est un moyen de se sentir mieux. Et il y a mille choses à faire dans nos foyers.

  • Nous pouvons limiter nos déchets en achetant en vrac, et surtout en consommant moins et mieux, nous pouvons acheter des produits bio, durables, éthiques.
  • On peut fabriquer nos produits ménagers et nos cosmétiques à partir de produits bruts.
  • Nous pouvons discuter autour de nous, avec nos conjoints, nos enfants, nos collègues, nos amis, nos familles, échanger nos astuces, nos idées.
  • Et puis nous pouvons aussi nous engager davantage dans cette démarche éco-responsable, soit en devenant bénévole dans une association, en ouvrant un blog pour partager nos savoir-faires, en intégrant un conseil de quartier, en faisant des propositions à nos élus locaux…

Il y a mille manières de nous engager, et au-delà du fait que nos actions ont davantage de portée quand nous sommes plus nombreux, le double effet kiss-cool c’est que nous allons rencontrer de bien belles personnes en chemin.

Il me parait extrêmement important de porter une grande attention sur notre entourage. Et c’est une joie énorme d’être entourée de personnes qui agissent, chacune à son échelle, pour apporter du positif au monde ! Il y a tellement de manières de faire !

Personnellement, ma sœur est coach en Slow Life, ma meilleure amie est infirmière, hypno thérapeute et se forme au reiki, dans mes meilleures amies j’ai : une assistante familiale (famille d’accueil pour les enfants placés), ma co-auteure (ma moitié de pomme bio), sans compter les personnes qui ont un métier plus classique, mais cette petite lumière qui fait qu’ils rendent le monde meilleur !

Se détacher du résultat

Voilà je crois l’étape ultime pour se sortir de ce marasme psychologique de l’éco-anxiété. Plus facile à dire qu’à faire, je vous l’accorde. Mais plus on s’ancre dans le quotidien, plus on cultive sa gratitude, plus on prend soin de nous et des autres, et plus cette voie devient naturelle.

Nous ne sommes pas responsables de la situation telle qu’elle est aujourd’hui, mais nous sommes responsables de nos actions.

Ce n’est pas fabriquer notre déodorant ou notre lessive qui va changer le monde, on est bien d’accord. Mais il est important de le faire quand-même, car ces petites actions nous reconnectent à nous-mêmes, nous éloignent de la surconsommation, nous lient aux autres lorsqu’on discute de tout ça.

De mon côté, je me suis sentie beaucoup mieux lorsque j’ai accepté que mes petites actions, à moi personnellement, n’allaient pas changer la face du monde. Parce qu’en fait, changer la face du monde, ce n’est pas le résultat que je recherche. Mon but, c’est d’essayer d’être le plus heureuse dans cette vie, dans le respect de ma personne, et du vivant en général. C’est de faire de mon mieux pour que ma consommation ait le moins d’impact négatif possible sur les autres êtres humains, les animaux et la nature.

Mais l’expérience de la vie aidant et l’âge avançant (je sais que vous pensiez que j’avais 22 ans, mais non), il est également primordial pour moi de vivre dans la plus grande sérénité possible.

Donc je fais ce que je peux, vraiment, je le fais avec tout mon cœur, mais l’éco-anxiété ne passera pas par moi ! J’espère qu’elle ne passera pas par vous non plus, prenez soin de vous et de vos proches !

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