En tant que naturopathe, l’aromathérapie (qui est une branche de la phytothérapie) est une des méthodes naturelles d’accompagnement que je propose à mes consultants. Notamment lors de la période hivernale ou les nez coulent et les gorges raclent. Les huiles essentielles peuvent alors être vos alliées de l’hiver !

D’où viennent les huiles essentielles :

C’est une des plus vieilles médecines du monde, on en trouve des traces en Mésopotamie, chez les égyptiens (pour embaumer les momies), Hippocrate la conseille aussi… C’est le Dr Jean Valnet, vers 1963, qui l’a relancée par ses prescriptions aromatiques : associations d’huiles essentielles.

Actuellement, les études de biochimie permettent de comprendre leur fonctionnement, et ce n’est plus « il faut y croire pour que ça marche…! ». L’aromathérapie est devenue une science.
Une huile essentielle (HE), est un assemblage de diverses molécules qui agissent en synergie. Elles peuvent avoir des fonctions antibactériennes, antifongiques, antivirales, parasiticides… Elles représentent une vraie banque thérapeutique.

Les HE sont issues des végétaux. Elles se forment naturellement au niveau des fleurs, des tiges, des feuilles, des racines ou de certains organes comme les glandes sécrétrices. La formation des HE dépend principalement de la photosynthèse. Quand la chlorophylle capte l’énergie du soleil, le végétal va permettre aux molécules d’eau de se combiner au CO2 de l’atmosphère pour former des sucres et l’oxygène va être libéré. Ces sucres vont s’oxyder au sein de la plante et induire, selon l’espèce botanique, la création de structures moléculaires spécifiques. Ce sont les essences naturelles des plantes. Chaque plante les synthétise pour se défendre contre les diverses agressions extérieures (maladies, champignons, insectes ou animaux prédateurs, climat, humidité…

 

Principe d’extraction :

Une HE est obtenue par distillation de la plante aromatique dans un alambic. Elles sont sélectionnées selon :

  • l’espèce botanique;  par exemple, l’Eucalyptus Glogulus (antibactérien, antiviral, rafraichissant) ou l’Eucalyptus Radiata (mucolytique, expectorant et immunomodulant) n’ont pas le même intérêt thérapeutique.
  • l’organe producteur; par exemple le zeste d’orange donne l’HE d’Orange douce ; la feuille et rameau de l’oranger l’HE Petit grain bigarade et la fleur d’oranger, l’HE de Néroli.
  • la spécificité biochimique, une même espèce peut produire des HE différentes selon le lieu de production, c’est le chémotype. Par exemple, le Romarin du Maroc à cinéole est efficace pour dégager les voies respiratoires hautes, celui de Corse ou d’Espagne, à verbénone va être un très bon régulateur hépato-biliaire.

Attention : Les pesticides passent à la distillation, préférer le Bio.

distillation huile essentielle d'hiver

Comment agissent les huiles essentielles ?

Les HE sont très efficaces par leur richesse en molécules actives qui vont travailler en synergie. Une huile essentielle contient 50 à 100 composants actifs qui agissent contre les bactéries, les virus comme immunostimulants.

Un antibiotique de synthèse contient 1 molécule active, auquel le corps va s’habituer et qu’il désactivera avec le temps. On parle alors d’antibio-résistance. De plus les antibiotiques déséquilibrent la flore intestinale, et donnent du travail au foie qui doit éliminer ce toxique (les molécules naturelles, elles sont reconnues par l’organisme, donc pas traitées comme toxiques).

Les HE se dosent à la goutte. Même si elles présentent peu de contre-indications, elles doivent être employées avec une grande prudence. En effet, certaines peuvent être toxiques (pour le foie, les reins, les nerfs…), d’autres allergisantes, dermocaustiques ou photosensibilisantes…

3 modes principaux d’utilisation :

  • Par voie interne : certains vous diront que c’est plus efficace… Dans ce cas précis, il faudra alors de vous faire conseiller par un Aromathérapeute. Personnellement, je conseille peu cette utilisation.. Toutefois, si vous choisissez cette utilisation, sachez qu’une HE ne s’ingère jamais pure, elle peut-être mélangée à du miel, dans de l’huile végétale, prise sur un morceau de pain ou un comprimé neutre. Prise au milieu du repas, vous éviterez les brûlures gastriques. Habituellement pour un adulte : 2 gtes / 3 fois par jour.  Pour les enfants, jamais au dessous de 7 ans, et au maximum 1gt / 3 fois par jour.
  • La voie externe : vous aurez une grande efficacité et beaucoup moins de risques. Toutes les HE ont une grande affinité avec la peau, et très rapidement après application, elles se retrouvent dans le sang, où elles vont pouvoir être plus rapidement efficaces que si elles devaient passer par le système digestif.
    *Dans le bain : toujours diluées dans du solubol ou dans un bouchon de shampoing (pour rappel les he ne sont pas dispersibles dans l’eau).
    *En massages : associés à une huile végétale, sésame (non toasté) par exemple.
    *En application localisée : sur les veines du poignet, sur les tempes, sur le plexus solaire par exemple pour gérer l’anxiété…
  • En diffusion atmosphérique : avec un bon diffuseur ou un aérosol. Désinfecte les environnements, en fait assainit l’atmosphère tout en permettant une pénétration directe dans les poumons et donc dans le sang. Intéressant pour les affections respiratoires, et en cas de période d’épidémie ou d’allergie… Mettre dans la chambre des enfants 1/4 d’h avant de les coucher, puis retirer.
    en hiver utilisons les huiles essentielles

    Comprimés neutres comme support d’huiles essentielles

Principales huiles essentielles pour les soucis hivernaux :

  • Thym linalol ou thuyanol : pour angine, coup de froid, rhume, prévention hiver mais aussi gastro… En diffusion ou en fumigation
  • Menthe poivrée : En cas de maux de tête, ou assoupissement (stimule), mal des transports, sinusite, intestins barbouillés, vomissements, brûlure d’estomac. A sentir sur un mouchoir ou déposer une goutte sur les veines des poignets.
  • Eucalyptus radiata : propriétés mucolytique, expectorante et immunomodulante. En cas de rhume, problème respiratoire, toux grasses.
  • Ravintsara : Antivirale et bactérienne des voies respiratoires + pour un bon équilibre immunitaire et nerveux. En diffusion ou en massage diluée dans une huile végétale.
  • Pin sylvestre : agit sur les glandes surrénales, (frictionner le bas des dorsales), en cas de baisse de tonus, ou de grande fatigue. Agit également sur les problèmes respiratoires (Attention, fortement déconseillé en cas d’hypertension).
  • Palmarosa : accompagne les pathologie ORL de manière délicate et efficace.
  • Niaouli : Purifie, libère la sphère respiratoire…
  • Tea tree : antibiotique à large spectre, intéressante à associer en cas de problème infectieux : grippe, gastro…
  • Romarin Officinalis à camphre , est respiratoire et stimulant en cas de courbatures (avec utiliser avec parcimonie car hépato-toxique)
  • Estragon : En cas d’allergie, ou de toux sèche toux sèche (1 goutte sur un comprimé neutre, sous la langue)
  • Orange douce ou Mandarine : elle calme, et apporte bonne humeur, un bon anti stress et anti-anxiété. Très adaptée pour les enfants en diffusion.

    huiles essentielles synergies d'hiver

Vous pouvez aussi essayez des synergies, comme par exemple :

  • tea-tree (anti-infectieux), ravintsara (mucolytique), gingembre (anti-inflammatoire) : 1 goutte de chaque diluées dans 1 CàS d’huile végétale, en embaumement, puis en massages répétés.
  • ravintsara, niaouli, palmarosa : en externe 1 goutte de chaque diluées dans 1 CàS d’huile végétale (3x/jour), ou en interne (1 goutte de chaque 3 fois/jour) sur une cuillère de miel ou un comprimé neutre.

Ne pas dépasser 7 jours de traitement.

 

Passez un bon hiver !

 

Martine Clavet, Naturopathe.

Laisser un commentaire