La dissonance cognitive, qu’est-ce que c’est ?

Dissonance cognitive

Avez-vous déjà entendu parler de la dissonance cognitive ? Pour ma part, je la vois partout en ce moment, dans tous les médias et à toutes les sauces… Alors, où la théorie de la dissonance cognitive puise-t-elle ses origines ? Qu’est-ce qui se joue en nous quand elle apparaît ? Je vous propose de faire le point sur ce mécanisme auquel nous sommes tout(e)s soumis(es) chaque jour, consciemment ou non :

Au départ étaient les sciences cognitives

Cognitive vient du latin cognitium qui signifie à la fois connaitre, savoir et comprendre. Tout un programme, n’est-ce pas ? Pour faire simple, les sciences cognitives cherchent à comprendre et à expliquer les fonctionnements de la pensée humaine, animale et même artificielle.

Et comment, me direz-vous ? En étudiant les mécanismes comme les perceptions, l’attention, la mémoire, le langage, le raisonnement… Bref, toutes nos cognitions. Et ce, grâce aux données fournies par d’autres disciplines telles que les neurosciences, la linguistique, l’anthropologie, la philosophie, la psychologie et l’intelligence artificielle.

C’est ainsi qu’en 1942, dans le cadre des conférences Macy à New-York, des chercheurs issus de différentes disciplines scientifiques se sont rassemblés pour créer une science générale du fonctionnement de l’esprit, l’ancêtre des sciences cognitives, ce terme n’étant apparu réellement qu’au milieu des années 70.

Histoire de la dissonance cognitive

Rentrons maintenant dans le vif du sujet. C’est Leon Festinger, professeur de psychologie sociale à l’université de Stanford, qui l’a théorisée en 1957. Or, comme souvent, les théories psychologiques naissent après une histoire. Je vais donc vous raconter celle qui a fait naître la théorie de la dissonance cognitive :

Il était une fois en Inde…

Origines de la théorie de la dissonance cognitive

Nous sommes en Inde, en 1934. Suite à un tremblement de terre, plusieurs villages se retrouvent sans électricité, coupés du monde, pendant plusieurs jours. Dans un de ces villages, commence alors à se répandre la rumeur d’une réplique du séisme encore plus terrible que la première. Cette rumeur prend une telle ampleur qu’elle devient une réalité indéniable.

En 1951, Leon Festinger se rend dans le village pour comprendre pourquoi et comment cette rumeur est devenue une vérité. Il part en effet du principe que, comme toute transformation psychologique, elle repose sur un mécanisme psychologiquement utile. Et quelle est l’utilité ici ? La recherche de l’équilibre cognitif.

Ainsi, l’anxiété causée par le séisme n’a pas pu redescendre du fait de la coupure d’électricité et donc du manque d’informations, même si concrètement il ne se passait plus rien. Cela a donc produit une dissonance cognitive chez les villageois. Une nouvelle réalité a ainsi été créée pour correspondre au niveau d’anxiété ambiant : la rumeur de la réplique du séisme !

Dissonance cognitive : tous coupables, votre honneur!

Et oui, nous sommes tou(te)s soumis(es) quotidiennement aux dissonances cognitives… En tant qu’individu, nous recherchons toujours à ce que nos pensées soient en accord avec nos valeurs. Mais aussi que nos valeurs elles-mêmes soient en accord avec nos croyances, nos émotions et actions.

Si ce n’est pas le cas, notre équilibre cognitif est rompu. Nous ressentons donc un malaise qui va nous pousser à retrouver rapidement et efficacement cet équilibre. Pour cela, nous allons donc modifier l’une des parties dissonantes.

Comment fonctionne la dissonance
cognitive ?

En cas de dissonance cognitive, notre cerveau a trois manières de réagir :

  • Tout d’abord, il peut modifier la croyance elle-même.
  • Il peut aussi modifier l’action.
  • Enfin, il peut ajouter une autre donnée.

Pour comprendre ces trois possibilités, nous allons ici utiliser l’exemple suivant :

“Je veux devenir végétarien pour l’écologie, mais je ne parviens pas à me passer de mon hamburger”.

Dissonance cognitive
  • En premier lieu, je peux modifier la croyance elle-même : “Finalement, l’écologie ça n’est pas si important que ça!”.
  • Je peux aussi modifier l’action : “Oh, un hamburger par semaine, ça va hein, c’est presque comme-ci j’étais végétarien !”.
  • Ou, enfin, j’ajoute une autre donnée : “Oui, mais mon hamburger ne vient pas d’un grand groupe de fastfood mais d’un restaurant où la viande est locale et vient de la ferme !”

Ces trois modifications vissent à baisser le taux d’anxiété crée par la dissonance cognitive en ajustant nos pensées, croyances… A nos actions.

Par conséquent, la dissonance cognitive est présente partout dans nos vies ! C’est elle qui justifie le fameux “fais ce que je dis, pas ce que je fais“. C’est aussi à cause d’elle que nous ne sommes pas fiables à 100%, puisque nous sommes capables de défaire notre réalité pour qu’elle colle à nos croyances.

Et, vous savez quoi ? Maintenant que vous avez compris le concept de la dissonance cognitive, vous avez aussi intégré ce que nous les yogis appelons “être aligné(e)” ! Car, être aligné(e), c’est un ajustement parfait de nos pensées, actions, émotions…

Quelques ressources pour baisser votre niveau d’anxiété :

Céline Chieco, professeur de Yoga Nidra infusé de Reiki.

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