Le macérat huileux de plantes, faites-le !

faire son propre macérat huileux

Lorsque l’on parle de macérat huileux, qu’est ce qui vous vient à l’esprit ? Un jus infâme qui stagne depuis un bon moment ? Des odeurs nauséabondes ?

Que nenni ! D’après sa définition, un macérat huileux est une technique d’extraction d’une partie des principes actifs d’une plante, en « l’infusant » dans une huile. L’huile se comporte alors comme un solvant et devient le support des propriétés actives du végétal, son parfum et son goût.

Ce type de préparation renforce les propriétés des huiles, tout en y ajoutant les actifs des plantes macérées. Les macérats peuvent être utilisés en cuisine, en cosmétique, en soin, tout dépend des huiles et des plantes choisies. Vous connaissez tous et toutes l’huile infusée à la truffe, ou au romarin, et bien ce sont des macérats huileux ! Vous voulez en savoir plus et apprendre à les faire vous même ? C’est par ici…

Faire ses macérats huileux est très ludique et économique. Vous pouvez varier les plantes et les huiles, pour obtenir un produit qui correspond au mieux à votre utilisation. A choisir de préférence vierges et bio, bien sûr !

Étape 1 du macérat huileux :

Placer les plantes ou certaines parties de plantes (fleurs, feuilles, tiges, racines) dans un bocal, préalablement stérilisé, sans tasser. Attention à ne faire macérer que des plantes bio et sèches pour réduire le risque de fermentation et développement bactérien, et donc la détérioration de votre macérât. Si vous appréciez la cueillette de plantes fraîches (que vous pratiquez dans le respect de la nature), nettoyez-les et faites-les sécher au préalable (au déshydrateur, au four).

Compléter votre bocal avec de lhuile (ou plusieurs), jusqu’à couvrir généreusement les plantes. Les huiles végétales les plus utilisées comme huile support sont le tournesol, le sésame, l’olive, la macadamiaou le pépin de raisin, car elles sont économiques et présentent peu de risques d’oxydation. Pour prolonger la conservation et éviter le rancissement, vous pouvez ajouter de la vitamine E à votre préparation.

On compte généralement 10 grammes de plantes sèches pour 100 grammes d’huile pour un macérat huileux.

3 techniques sont ensuite possibles :

Lors de la macération à froid, on laisser macérer les plantes à température ambiante durant 4 à 6 semaines (en agitant votre pot régulièrement), afin d’en récupérer certains principes actifs grâce à l’action du soleil (chaleur). Ce type de macération convient à toutes les plantes et à toutes les huiles, même les plus fragiles. Enveloppez votre bocal dans du papier (sombre de préférence), et il n’y a plus qu’à laisser faire !

Les huiles macérées à chaud sont portées à faible ébullition afin d’accélérer le processus de dissolution des actifs. Il suffit de laisser mijoter votre bocal fermé pendant 2h au bain marie à petit bouillon. Cette technique ne peut pas être utilisée avec les parties fragiles des plantes, comme les fleurs (leurs actifs s’abîment à haute température, ni avec les huiles fragiles (qui s’oxydent plus rapidement).

La macération à chaleur douce consiste à placer votre bocal fermé dans votre yaourtière pendant 8h à 12h. Vous pouvez également poser votre bocal sur un radiateur, ou au four à 40 °C pendant 8h. Cette méthode permet d’aller plus vite qu’avec la méthode à froid, tout en respectant les huiles et les plantes.

macérat huileux de paquerettes

Dernière étape du macérat huileux : la filtration

Stériliser un pot, ou une bouteille, ou un bocal, ambré de préférence, destiné à recueillir votre préparation.

Vous pourrez filtrer votre macérat huileux à l’aide d’une étamine, ou d’un filtre à café, d’une gaze, d’un chinois ou encore d’un bas, en pressant bien les plantes pour récupérer la plus grande partie possible d’huile.

Ces macérats se conservent six mois à l’abri de la lumière et de la chaleur.

Quelques exemples de macérats huileux et leurs propriétés :

  • Arnica (fleurs) : Contusions, coups, bosses, hématomes (bleus), ecchymoses, œdèmes, jambes lourdes.
  • Bellis (fleurs de Pâquerettes) : Tonique cutané, réparatrice, tenseur, galbant cou, buste et décolleté, restructurante et nourrissante.
  • Calendula (fleurs de souci) : Anti-inflammatoire puissant, cicatrisant et aseptisant, apaisant les irritations : gerçures, crevasses, engelures, petites plaies, feu du rasoir, psoriasis, eczéma, ulcère, plaie de lit. Brûlures, coups de soleil. Douleurs, démangeaisons, urticaire, piqûres d’insectes. Peaux fragiles, sèches, rugueuses, qui tiraillent, peaux réactives.
  • Camomille (fleurs) : inflammation du visage, couperose (rougeurs).
  • Carotte (racines) : Le macérât de carotte produit une huile orange, très riche en carotène. Favorise le bronzage et permet à la peau de garder un joli hâle uniforme, soin après soleil. Assouplissante, régénérante et apaisante.
  • Laurier (feuilles)soin de l’acné, des peaux grasses.En cas de refroidissement, en massage et pour soulager les rhumatismes.
  • Mauve (fleurs) peaux matures, peaux sèches et sensibles, couperose. Adoucissant.
  • Romarin (feuilles) : peaux grasses, mixtes, amincissant, drainant.
  • Rose (fleurs)Rides, vieillissement, taches de vieillesse. Peaux déshydratées, dévitalisées, desséchées. Crevasses, dartres cicatrices, acné, couperose, eczéma, psoriasis.
  • Thé vert (feuilles) : diminue la production et le stockage des graisses. Puissant anti-oxydant.
  • Vanille (gousses)Tonique cutanée, protectrice, adoucissante et nourrissante. Soins et gommages doux pour le visage et pour le corps, huiles de massage. N.B : un délice en cuisine, pour vos pâtisseries ou pour des vinaigrettes originales (en plus si c’est pour cuisiner, pas besoin de filtrer).
  • Vigne rouge (feuilles)Améliore la circulation sanguine. Soin des jambes lourdes.

Alors, envie de vous lancer dans la réalisation de macérats ? Quels sont vos préférés ?

Claire C.

27 Comments

  • Passionnant! Je n’y avais pas pensé mais faire son propre macérât à l’air si simple! Merci pour le tuyau, il faut absolument que j’essaye et que je vous donne mon retour. La technique qui me paraît la plus douce est la macération à froid. J’ai une question à ce sujet: vous expliquez que c’est l’action du soleil qui libère les actifs de la plante. Cela implique-t-il de laisser le pot au soleil, derrière une fenêtre par exemple, pendant les 4 à 6 semaines afin d’obtenir l’effet escompté?
    Merci de votre réponse!
    Bises.

    • Bonjour, contente que cet article vous plaise ! Oui vous pouvez le laisser sur le rebord d’une fenêtre, en prenant soin d’emballer le pot dans un tissu ou un papier afin de le protéger de la lumière.

  • Bonjour, Merci beaucoup pour ce super article qui va m’occuper quelques heures pendant le confinement 🙂
    J’avais plein de pâquerettes dans mon jardin, donc j’ai bien ramassé consciencieusement les petites fleurs. J’ai également pas mal de pissenlits et de primevères, j’ai trouvé quelques propriétés en usage externe pour ces plantes mais je me demandais si ces propriétés provenaient des fleurs comme pour les pâquerettes ou des feuilles et des racines, et pouvaient être extraites par macérat ?
    Merci encore 🙂

    • Bonjour Laura, les feuilles de pissenlits sont excellentes en salade, et les fleurs font une délicieuse confiture. Ses feuilles ont également des propriétés éclaircissantes, reminéralisantes, ainsi que régénérantes, adoucissantes et anti-oxydantes (en tonique sous forme de décoction). La laitance de la tige de pissenlit permet aussi de lutter contre corps et verrues (en appliquant le lait directement sur la verrue, et en couvrant d’un pansement, 2 fois/jour jusqu’à disparition), attention toutefois ce lait est très irritant, ne toucher que la partie concernée.
      Le macérat de primevères (fleurs), s’utilise contre les contusions, douleurs musculaires et articulaires, les bleus.

  • Bonjour, j’ai cueilli mes pâquerettes je vais les faire sécher au four 😉 mais quand vous dites 10grs de fleurs c’est fraîches ou séchées car je pense que séchées cela ne doit plus être le même poids 🤔… merci pour votre réponse

  • Bonjour, vous dites que c’est l’action du soleil qui permet d’avoir une action liposoluble.. cela vaut-il pour la carotte? Car de toutes les méthodes lues j’ai à chaque fois lu qu’il fallait les laisser à l’abri de la lumière au fond d’une armoire par exemple? Cela vaut-il pour un macérât huileux d’aloé Vera par exemple?

    • Bonjour, lorsque je parle de l’action du soleil, c’est en fait de sa chaleur. Je viens de modifier l’article pour que ce soit plus clair. Vous pouvez envelopper votre bocal dans du papier, sombre de préférence. Pour le macérât d’aloé vera, j’avoue ne jamais l’avoir tenté (je préfère utiliser son gel), car mettre un produit aqueux dans de l’huile est risqué en termes de développement des bactéries et des moisissures.

  • Bonjour, qu’entendez-vous par « nettoyer les fleurs »? J’ai peur en les lavant de perdre du pollen et des principes actifs. Avez-vous une méthode à conseiller ? Merci d’avance.

    • Bonjour, il existe 2 écoles. Soit les passer rapidement dans de l’eau légèrement vinaigrée, et les « éponger » délicatement avec un linge propre, soit les étaler au soleil pour laisser partir les insectes qui auraient pu s’y loger.

  • Bonjour
    Si j’utilise une bouteille colorée foncée, puis-je laisser mon macérât de bellis en plein soleil ?
    Pour le macerat de laurier, faites vous sécher les feuilles d’abord ?
    Merci

    • Bonjour, oui la bouteille ambrée peut fonctionner. Pour savoir si une plante doit être séchée au préalable, il faut tenir compte de sa teneur en eau. Tous les végétaux sont constitués d’eau, à titre d’exemple les fruits en contiennent 92-97%, les feuilles 80-90%, les bois : 30-70%, et les graines 12-15%.
      Comme expliqué l’eau entre 10°C et 65°C est le lieu idéal pour le développement des bactéries et des moisissures, il vaut donc mieux réduire cette teneur en eau au minimum pour éviter toute contamination.

  • Bonjour, merci pour ces informations ! J’en fais actuellement au romarin du jardin 🙂
    Mais je me demandais comment savoir quand il est prêt à être filtré ?

    • Bonjour, il faut 3 à 6 semaines pour que votre macérat soit prêt. Quand il s’agit de tiges, de feuilles épaisses ou de racines, comptez plutôt 6 semaines, quand ce sont des fleurs 3 semaines suffisent.

  • Bonjour,

    J’ai atteri ici par hasard et je ne suis pas déçue 🙂 c’est tout simplement génial!
    Merci beaucoup ^^

    J’aurai une petite question: pour la macération douce de mes bellis. Puis-je utiliser des fleurs fraîches ou semi sèches? Je ne sais pas combien de temps je dois les laisser sécher avant de m’en servir….

    Encore merci 🙂

    Bérengère

    • Bonjour, merci également pour ce hasard 😉
      L’idée est d’introduire le moins d’eau possible dans l’huile de macération, d’où l’intérêt d’utiliser des plantes sèches.

  • Bonjour merci bien.excellent article.je voulais savoir pour l’huile de carotte,il faudrait au préalable sécher la carotte.si je dois utiliser une yaourtière combien de temps je dois attendre pour être sûr que mon huile est prête.
    Je voulais aussi savoir si c’est possible de faire l’huile d’orange,de citron etc… (d’agrumes) pareillement ?
    Merci

    • Bonjour, oui il est préférable de faire sécher les carottes pour réaliser votre macérat. Si elles contiennent encore de l’eau, il y a un risque de développement bactérien. Vous pouvez aussi faire macérer des pelures d’agrumes préalablement séchés. Pour faire votre macérat en yaourtière il faut compter 8h à 12h. Si vous avez assez de plantes sèches vous pouvez faire 2 cycles en filtrant et en remplaçant les plantes entre les 2 cycles, vous obtiendrez ainsi un macérat bien concentré 😉

  • Bonjour, macérât à froid, faut il fermer hermétiquement le bocal ? J’ai déjà vu un article ou il fait juste couvrir avec de la gaz pour laisser passer l’air ?

    • Bonjour, il faudra couvrir avec une gaze, uniquement si la plante que vous faites macérer n’est pas complètement sèche. Sinon, vous pouvez laisser macérer avec couvercle fermé.

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