Extraction végétale : les plantes, nos alliées

Extraction végétale

En cuisine, pour le plaisir du goût, dans la salle de bains, pour bénéficier de leurs trésors de bienfaits, ou encore en soin… Les plantes aromatiques et médicinales nous accompagnent depuis la nuit des temps. Et, au-delà du fait qu’elles rehaussent les saveurs de nos seules assiettes, leurs applications en cosmétique et médecine douce, sont (presque) infinies… Ainsi, pour soutenir notre beauté, voire notre santé, nous recourons régulièrement à elles sous diverses formes : phytothérapie ; aromathérapie ; gemmothérapie ; préparations galéniques ; macérats ; teintures mères… Les plantes ont alors subi une extraction végétale, laquelle permet de préserver ses principes actifs. Avant de découvrir différentes techniques d’extraction végétale, je vous propose une petite balade dans le temps :

L’Homme & la plante : brève histoire de l’extraction végétale…

3000 ans avant Jésus-Christ, les Sumériens utilisaient déjà le Thym, le Saule et la Myrte. De même, les Egyptiens, les Incas, les Mayas, les Grecs, les Romains, les Gaulois… D’un bout à l’autre du Monde, tous les peuples antiques ont fait des plantes leurs alliées, pour s’alimenter ; se soigner ; ou encore se parfumer. Et, très tôt dans l’Histoire, on a utilisé l’extraction végétale, à commencer par la filtration, ou encore, dès les Egyptiens, le pressage.

Théophraste, Dioscoride, Galien et Pline, les premiers, révélèrent déjà alors les propriétés d’environ 250 plantes. Puis, au Xe siècle, le médecin alchimiste persan Jabir Hybn Hayyan inventa l’alambic, qui développera fortement leur utilisation. Plus près de nous, au Moyen-Âge, l’abbesse bénédictine Hildegarde de Bigen – encore aujourd’hui considérée comme la première naturaliste – fera la part belle aux simples.

Au début du XXe siècle, René-Maurice Gattefossé soignait ses graves brûlures à l’aide d’huile essentielle de lavande, et mettait en avant l’aromathérapie. Puis, plus récemment, Jean Valnet a fortement contribué au développement des connaissances sur le sujet avec son ouvrage AromathérapieTraitement des maladies par les essences des plantes, paru en 1964. Aujourd’hui, de nombreux ouvrages existent, dont ceux de Pierre Franchomme qui introduit la notion de chémotype (variation chimique au sein d’une même espèce en fonction de son environnement).

Extraction végétale

Comment extraire les principes actifs des plantes ?

Les arômes et les essences sont les principes aromatiques de la plante. Ils sont présents dans différentes parties de la plante :

  • Les feuilles
  • L’écorce
  • Les fleurs et/ou les fruits
  • Les graines et/ou les racines.

Selon la plante en présence et le résultat que l’on souhaite obtenir, on va donc utiliser différentes techniques d’extraction végétale :

L’infusion :

Et oui, l’infusion est une technique d’extraction végétale ! C’est d’ailleurs celle qui est majoritairement privilégiée pour réaliser nos savoureux tisanes et thés (Voir l’article : “Tisane, thé, infusion : les reconnaître et les utiliser”)…

Pour réaliser une infusion, on dépose les fleurs, feuilles ou racines d’une ou plusieurs plantes au fond d’un contenant, puis on y verse de l’eau bouillante. On laisse ensuite reposer 10 minutes à 1 heure, à couvert de préférence.

La décoction : 

La décoction consiste quant à elle à ajouter un liquide froid (eau, lait) à une plante sèche, puis porter à ébullition. On laisse ensuite “mijoter” 20 à 30 minutes. Puis, une fois le liquide refroidi, on filtre avant d’utiliser. On utilise cette technique d’extraction végétale notamment pour le café turc ou encore le thé Chaï.

La macération :

Macérat huileux de Millepertuis, De Saint Hilaire

Pour réaliser une macération, on laisse la plante dans un liquide froid, en général une huile végétale, pour une durée plus longue. En général, on utilise cette technique d’extraction végétale pour préserver les principes actifs des végétaux qui ne supportent pas la chauffe (Voir l’article : “Le macérat huileux de plantes, faites-le !”).

C’est le cas, par exemple, de l’huile de Millepertuis.

Remarque : un macérât solidifié avec de la cire ou de la lanoline s’appelle un onguent.

Extraction végétale

Les teintures mères

La teinture mère est une macération dans l’alcool (70 à 90°) qui est ensuite filtrée. Cette technique d’extraction végétale peut être déclinée ainsi :

  • Teintures hydro-alcooliques : eau + alcool
  • Teintures hydro-alcooliques glycérinées : eau + alcool + glycérine

L’huile essentielle :

Huile essentielle de citron, Greenweez

L’huile essentielle est l’essence distillée de la plante aromatique, obtenue par distillation à la vapeur. Pour faire simple, c’est un concentré des principes actifs de la plante. L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) la définit ainsi comme un “produit odorant, généralement de composition complexe, obtenu à partir d’une matière première végétale botaniquement définie, soit par entraînement par la vapeur d’eau, soit par distillation sèche, ou par un procédé mécanique approprié sans chauffage“.

L’hydrolat :

Eau florale d'hamamélis, Eolesens

L’hydrolat est, lui aussi, obtenu par distillation à la vapeur, avec un alambic. En simplifié, c’est l’eau de distillation des huiles essentielles. Les composés aromatiques sont en effet entraînés par la vapeur, qui, une fois condensée, donne une eau aromatique dans laquelle surnage toujours un reste d’huile essentielle. Les eaux florales, quant à elles, sont des hydrolats de fleurs (Voir l’article : “Huiles essentielles, eaux florales, hydrolats : quelles différences ?”).

L’huile végétale :

Huile végétale de bourrache, Florame

Enfin, l’huile végétale est un corps gras extrait d’une plante oléagineuse (graines ou fruits riches en matière grasse), par pression (en bio) ou par solvant. Selon ses propriétés, on pourra ensuite utiliser l’huile végétale en cuisine ou en cosmétique (Voir l’article : “Quelles huiles végétale pour ma peau ?).

Et vous, utilisez-vous déjà certaines techniques d’extraction végétale ?

Claire C.