Locavore : du champ à l’assiette, il n’y a qu’un pas

Locavorisme

Savez-vous ce qu’est le « locavorisme » ? Il s’agit de consommer de la nourriture produite, selon les sources, entre 100 et 250 kilomètres autour de son domicile. Cela peut être à l’échelle de sa région, ou même à l’échelle du pays… Vous avez compris l’idée : être locavore, c’est arrêter de consommer des produits provenant de l’autre bout du monde, et privilégier ceux qui viennent du plus près possible de chez vous ! La crise sanitaire suscitée par le coronavirus a fait remonter à la conscience de nombreuses personnes l’importance de consommer local car elles se retrouvaient face à une pénurie de leurs produits habituels en supermarchés. Cela a également été l’occasion pour les producteurs français de s’exprimer largement sur les conséquences terribles de la situation sur leur production. J’en viens donc à la question qui vous brûle les lèvres :

Devenir locavore, pourquoi ?

Vous est-il déjà arrivé de vous demander comment on a pu en arriver à la situation actuelle ? La France exporte des tonnes et des tonnes de ses productions, et dans le même temps… Elle importe les mêmes produits venant d’autres pays ! Ubuesque, non ?

Quid de l’empreinte écologique du transport ?

Evidemment, la question du transport est la raison qui nous saute aux yeux en premier. En effet, sans même parler des conditions de production, rien que l’acheminement des fruits et légumes jusqu’à nous, lorsqu’ils sont produits à des milliers de kilomètres, ne peut que nous interroger sur le bilan carbone de l’affaire !

Pourtant, aussi étonnant que cela puisse paraître, ce n’est pas l’argument principal qui pousse à devenir locavore.

En effet, selon l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), de par leur diversité, les circuits courts n’offrent pas toujours un impact environnemental moindre que les circuits « longs », les modes et pratiques de production étant plus impactants que le mode de distribution.

En fait, si on calcule les émissions à effet de serre, celles-ci sont nettement plus faibles par tonne de produits et par kilomètre pour un cargo ou même pour un semi-remorque que pour une camionnette !

Mais il n’y a pas que cette donnée à prendre en compte.

Réduire les emballages et déchets

Locavore : acheter en vrac

Les fruits et légumes qui viennent de très loin sont forcément conditionnés de manière à s’assurer qu’ils survivent au transport, et souvent vendus avec des emballages.

Ceux-ci peuvent être facilement évités en achetant en vrac à un producteur local.

Préserver la diversité écologique des territoires

Evidemment, je ne dis pas non plus que chaque région doit être totalement autonome dans toute sa production car cela semble bien compliqué – et pas forcément judicieux, comme nous l’avons vu concernant le transport -.

Néanmoins, un peu plus de diversité dans les cultures ne ferait pas de mal !

En effet, des régions entières se consacrent uniquement à la monoculture de céréales (dont l’immense partie sert à nourrir le bétail).

Or, ces monocultures appauvrissent les sols. Les producteurs sont donc obligés de tenter de les ressusciter à grand renfort d’engrais chimiques, ce qui non seulement arrive in fine dans notre assiette (bon appétit !), mais contribue aussi à faire mourir les sols encore davantage.

Consommer de saison

Et oui ! Qui dit local dit forcément fruits et légumes de saison ! Non seulement c’est meilleur, mais les qualités nutritionnelles des aliments sont beaucoup plus préservées.

En effet, que reste-t-il de vitamines dans une tomate lorsqu’elle arrive dans notre assiette en hiver, après avoir été cueillie des semaines auparavant et avoir parcouru des centaines, voire des milliers de kilomètres ? Et le goût ? On en parle du goût ?

Remettre de l’humain dans notre consommation

Remettre de l'humain dans notre consommation en devenant locavore

Non, je ne parle pas de manger des êtres humains, il paraît que cela ne se fait pas ! Mais vous avez tous au moins déjà été au marché. Ne trouvez-vous pas qu’il est plus agréable d’échanger quelques mots avec le producteur, plutôt que d’aller peser ses légumes tout seul en les mettant dans un sac plastique ?

Pour ma part, c’est ce que je retiens en premier dans ma démarche locavore, avec mon panier AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne).

En premier lieu, en m’engageant à acheter un panier de légumes par semaine à mon producteur bio pendant six mois, je lui donne une visibilité et une stabilité financière. Mais surtout, aller chercher mon panier est un véritable plaisir !

Il arrive par exemple que je ne connaisse pas telle ou telle variété de légumes. Il me donne alors des recettes pour le consommer. Ou alors, si je m’étonne de ne pas voir arriver un légume de saison, il m’explique les aléas de la production, la météo, les petites bébêtes… ! Et, à l’inverse, quand sa production donne plus que prévu, il nous en fait profiter aussi !

Les limites du locavorisme

Aujourd’hui, nous sommes habitués à avoir une multitude de choix dans notre alimentation.

Nous pouvons en effet manger n’importe quel légume à n’importe quelle saison si nous le souhaitons. Par ailleurs, nous consommons au quotidien des produits fabriqués à l’autre bout du Monde : thé, café, chocolat, bananes, avocats

S’il est difficile d’arrêter totalement de les consommer, nous pouvons par contre réfléchir à la fréquence à laquelle nous les achetons, mais aussi à leur qualité, en les choisissant bio pour préserver votre santé et la Planète, et issus du commerce équitable.

Et vous, êtes-vous tenté(e) par l’idée de devenir locavore ?

Marie Duboin, auteure du blog La Salade à Tout

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