Slow conso : retour sur 10 ans de cheminement

slow conso

Dans notre société où la consommation est omniprésente, l’idée de pouvoir acheter instantanément ce qui nous plaît, sans se poser de questions sur nos propres besoins profonds, peut séduire. C’est d’ailleurs ainsi que j’ai procédé adolescente puis jeune adulte, en toute insouciance, non consciente de l’impact de ma consommation. Mais aujourd’hui, notre consommation effrénée semble avoir atteint ses limites et l’avenir ne s’annonce pas comme un long fleuve tranquille, loin de là ! Alors, si on cheminait vers la slow conso ?

Car oui, parfois la tentation est grande de sombrer dans l’éco-anxiété… Et pourtant, il ne tient qu’à nous de redonner du sens à notre consommation en parsemant notre quotidien de petits gestes ! Car oui, je suis de celles qui pensent que chaque geste, si infime soit-il, compte. Et que c’est le nombre de personnes qui accomplit chaque jour ces gestes, à sa mesure, qui importe. Retour sur mon chemin vers la slow conso :

Au commencement il était… L’alimentation

La notion d’écologie a fait une entrée fracassante dans ma vie il y a dix ans lorsque j’ai découvert l’alimentation biologique et avec elle des saveurs oubliées – voire pour certaines inexplorées -. La différence de goût avec l’alimentation conventionnelle est tellement saisissante que je ne pouvais pas revenir en arrière ! Et, si l’agriculture biologique m’a eue par les papilles, elle a vite ouvert mes yeux sur une réalité que je ne soupçonnais pas : le coût écologique, animal et humain de notre façon de nous alimenter.

Aujourd’hui, mon alimentation est quasi exclusivement biologique, sauf rares exceptions (quand s’impose un choix épineux entre alimentation biologique et locale). J’achète des produits frais, de saison et le plus possible locaux et suis une grande adepte de la cuisine maison en toute simplicité.

Pourtant, aujourd’hui encore, la cuisine reste le plus gros écueil sur mon chemin d’engagée pas parfaite, en termes d’impact écologique. Dans mon cas, trois problématiques s’entremêlent : le budget, qui restreint mes choix de consommation, le mode d’achat (trop peu souvent en vrac) et enfin le mode d’alimentation (encore carnivore).

slow conso alimentation

Vers une alimentation zéro déchet et végétale

Côté zéro déchet, même si je confectionne l’essentiel de nos repas, nos yaourts (pour Monsieur), laits végétaux (pour Madame !), pizzas, quiches, voire parfois pains ou brioches… La liste de produits emballés semble malgré tout toujours trop longue. La cuisine reste ainsi notre plus gros poste de déchets, loin, très loin devant les autres pièces de la maison où ils sont très ponctuels.

Côté alimentation, végétaliser mon assiette est un idéal vers lequel je souhaite tendre depuis plusieurs années mais jusqu’à présent mon cher et tendre ne s’était pas laissé convaincre. Et j’avoue avoir été découragée par l’idée de devoir confectionner des repas différents pour chacun. Par ailleurs, l’idée de devoir réinventer presque complètement mon alimentation (choix des aliments, manière de les cuisiner…) me paraissait une montagne presque infranchissable. J’ai donc commencé doucement à présenter moins de repas carnés et à proposer des assiettes végétales qui me paraissaient à ma protée (type dahl de lentilles corail ou encore houmous maison), sans avancer plus.

Et puis… Et puis, fin décembre, Monsieur m’a fait part de son désir de tendre vers une alimentation végétale. Ce sera sans doute notre plus gros objectif en termes de consommation responsable cette année… Et celui qui réduira enfin drastiquement le poids de notre poubelle jaune !

De l’alimentation à la salle de bains…

L’alimentation a donc été mon premier pas vers la slow conso. Et, un pas en entraînant un autre, mon cheminement en tant que consommatrice s’est fait naturellement, telle une pelote que l’on déroule : on commence à tirer sur le fil et… Pourquoi donc s’arrêter en si bon chemin ? Si l’on part du principe que manger bio est plus sain, n’en est-il pas de même pour les ingrédients composant les cosmétiques ? Quid des vêtements, qui sont aussi en contact direct avec notre peau ? Oh, et, ne puis-je pas trouver des alternatives lavables au tout jetable ?

Du bio et du bon pour ma peau !

Après avoir bouleversé ma façon de m’alimenter, le pas suivant a été l’achat de protections hygiéniques lavables. J’étais tombée par hasard sur un article concernant l’impact des protections conventionnelles et, quelques recherches plus tard, pour moi, c’était no way ! Pourquoi ? Parce que la consommation de protections hygiéniques – et donc la quantité de déchets générés – est tout simplement hallucinante… Sans même parler de leur composition (que pour l’instant les fabricants n’ont aucune obligation de préciser).

slow conso routine beauté zéro déchet

J’ai ensuite entamé une réflexion sur les produits que j’appliquais sur ma peau, même s’ils étaient peu nombreux. En tout et pour tout, ma salle de bains contient :

Ah oui, j’oubliais ! La dernière bête noire de ma salle de bains : le déodorant. Je n’ai pas encore trouvé d’alternative saine qui soit efficace ET que ma peau sensible tolère… Peut-être un second objectif pour cette année ?

dentifrice poudre Ben et Anna

En parallèle, j’ai aussi substitué des alternatives lavables aux produits jetables : lingettes pour me débarbouiller le visage ; mouchoirs en tissu ; tout comme les éponges ; bouteille et mug isothermes (Madame aime les boissons qui restent chaudes des heures, même au bureau !)… Seuls subsistent les mouchoirs en tissu en cas de virus fulgurant et le papier toilette.

Ou comment ma démarche slow conso m’a entraînée de l’écologie au minimalisme

Ce n’est qu’après avoir amorcé ces premiers pas que se sont posées d’autres questions :  dans quelles conditions (humaines et environnementales) est fabriqué tel objet / vêtement…? Est-ce que je ne préfère pas consommer moins mais mieux en achetant des produits réalisés dans de bonnes conditions ET que je pourrai conserver ad vitam eternam (ou presque) ? Et surtout, en ai-je réellement besoin ?

C’est ainsi que d’une démarche purement guidée par mon souci d’écologie, je suis passée à une démarche minimaliste.

slow conso capsule wardrobe

De la cuisine et la salle de bains… A la maison toute entière !

Une fois ma cuisine et ma salle de bains passées au peigne fin, je me suis relevée les manches pour m’attaquer à ma garde-robe. J’ai ainsi amorcé un grand tri pour ne garder que des pièces que j’affectionne ; dans lesquelles je me sens bien et que je peux assortir les unes aux autres. J’achète très peu de vêtements, essentiellement d’occasion. Même si je m’autorise plus ponctuellement un joli vêtement issu de la mode éthique. Parce que même si pour moi acheter d’occasion reste le mode de consommation le moins impactant, il me tient à cœur de promouvoir les entreprises porteuses d’une réelle éthique (en termes d’écologie mais aussi d’humain !).

Puis, s’est ensuivi un grand tri dans toute ma maison. Livres, objets (purement décoratifs ou utilitaires), papiers… Chaque recoin de la maison y est passé. Comme jeter allait à l’encontre de ma démarche, j’ai passé un temps considérable à trier, donner, revendre… Temps pendant lequel j’ai eu l’occasion de regarder en face mon rapport à la consommation. Et ce n’était pas joli joli, entre les possessions achetées sur un coup de tête ou pour combler un manque ; celles accumulées au fil des années « au cas où » (notez que le « au cas où » n’arrive jamais…) ; celles que je n’avais pas osées refuser…

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, je suis parvenue à un juste équilibre, dix ans après avoir fait mes premiers pas vers une consommation plus raisonnée. Je consomme de moins en moins, parce que je n’en ressens plus le besoin. En parallèle, je pérennise les premiers gestes accomplis et continue d’en introduire, à mon rythme.

Aussi, j’applique quelques règles de base chaque jour, qui allient écologie et minimalisme, à commencer par le fait de me poser la question de mes besoins profonds avant de mettre la main au portefeuille. Et, quand le besoin est là, j’essaye de trouver la solution qui me paraisse la moins impactante possible, à tous les niveaux.

slow conso

Et surtout, j’ai enfin cessé de me culpabiliser pour tous ces gestes que je ne fais pas encore. Ma consommation n’est pas parfaite, loin de là, mais quand je regarde en arrière, je n’aurais jamais pensé cheminer un jour vers la slow conso (et aimer !). Car chaque jour qui passe, je m’engage via de petits gestes pour un Monde qui me semble plus juste.

Donner du sens à notre consommation pour exprimer nos attentes pour demain

Donner du sens à nos actes, réfléchir notre consommation, c’est aussi exprimer quelles sont nos attentes envers la société de demain. En privilégiant les matières premières locales ou à défaut en optant pour des produits issus du commerce équitables, en préférant celles issues de l’agriculture biologique, en donnant notre argent à des entreprises porteuses de valeurs qui nous sont chères… D’une certaine manière on s’exprime. Pour une société plus juste, plus respectueuse de nous, de ce qui nous entoure. Et ça, ça n’a pas de prix.

Et vous, quels sont vos petits gestes orientés slow conso ?

Marion B.

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