Pourquoi la fast fashion pose problème ?

J’aime sortir des collections de vêtements toutes les semaines (ou presque). Mes prix sont imbattables. Je communique chaque jour pour créer le désir chez les consommateurs. Tirer mes coûts vers le bas pour proposer mes produits aux meilleurs prix est ma plus grande passion. Je suis, je suis… la fast fashion bien sur ! Voici donc un tour d’horizon du phénomène de fast fashion, pour le meilleur et pour le pire.

La fast fashion c’est quoi ?

La fast fashion (mode éphémère) désigne un ensemble de marques qui produisent des vêtements très vite, très souvent et à bas coûts. Et cela, au détriment des Hommes et de l’environnement.

Citons des noms et ne tournons pas autour du pot. Derrière le terme fast fashion se cachent des enseignes bien connues. Comme : Zara, H&M, Uniqlo, Gap ou la dernière venue Shein par exemple.

La recette de la fast fashion

Les produits

Une main d’oeuvre à (très bas) coûts

Les enseignes de fast fashion produisent dans des pays asiatiques avec une  main d’œuvre bon marché afin de réduire les coûts de production au minimum.

Des matières premières pas chères

Les matières premières qui composent les vêtements et accessoires de la fast fashion sont souvent synthétiques et de faible qualité. En effet, l’important est de réduire le coût des matières premières au minimum.

Sans cesse de la nouveauté

nouveauté fast fashion

La fast fashion renouvelle donc ses collections TRÈS régulièrement. Parfois même chaque semaine ou chaque mois (selon les enseignes), une nouvelle collection sort.

De la communication à outrance

Qui dit nouveautés dit communication. En effet, les marques de fast fashion communiquent en continu pour créer le désir chez les consommateurs, pousser à l’achat et vendre plus.

Et pour cela, des prix bas au détriment des Hommes et de l’environnement

La fast fashion détruit l’environnement

Chaque année, le secteur de la mode émettrait 1,2 milliard de tonnes de CO2. Soit environ 2 % des émissions globales de gaz à effet de serre.

C’est encore plus que les vols internationaux et le trafic maritime réunis. En 2050, le secteur textile émettrait même 26 % des émissions globales de gaz à effet de serre si les tendances actuelles de consommation se poursuivent (source : ADEME). Le textile est donc le troisième secteur le plus consommateur d’eau dans le monde. Après la culture de blé et de riz et consomme 4% de l’eau potable mondiale…

transport maritime

La fast fashion pose problème par les matières qu’elle utilise. En effet, chaque année l’équivalent de 50 milliards de bouteilles plastiques est rejeté en mer à cause du polyester, matière qui compose la plupart des vêtements de l’industrie textile… Au lavage, des microfibres plastiques sont relâchées dans les cours d’eau, puis les océans. Le coton aussi pose problème. Sa culture représente même 11% des pesticides utilisés dans le monde (pour seulement 2,5 % de la surface agricole mondiale).
Le coton est également un énorme consommateur d’eau, comptez 7500 litres d’eau pour un jean (l’équivalent de 50 baignoires remplies), 2500 litres pour un t-shirt (l’équivalent de 70 douches).

Pour finir, selon l’ADEME, 20 % de la pollution des eaux dans le monde serait due aux teintures du secteur textile. Ce sont des chiffres vertigineux et des conséquences dramatiques pour la planète et le vivant…

Elle exploite des millions d’ouvriers

exploitation fast fashion

Après le hic environnemental c’est le hic social. En effet, la fast fashion pose de vrais problèmes sur les droits humains et les conditions de travail. Ces dernières années, face à l’augmentation des salaires et des coûts de production dans certains pays, les marques de vêtements se sont réorientées vers de nouveaux sites de production encore moins chers  : le Bangladesh et le Pakistan. On y paye les salariés 29 centimes €/heure au Bangladesh, 50 centimes €/heure au Pakistan… Evidemment, vous pouvez oublier les contrats de travail. Les ouvriers, hommes, femmes et enfants, travaillent presque jour et nuit dans des conditions dangereuses aux normes inexistantes.
Bref, la liste est longue, et écœurante. 

Pourquoi la fast fashion existe encore ?

Bien sur vous  me direz “pourquoi la fast fashion existe encore si elle est si nocive” ? Tout simplement parce que ce phénomène est assez récent. Apparu en France dans les années 2000. Ces enseignes du secteur sont devenues des empires. Entre-temps les ventes en ligne et les réseaux sociaux ont explosé ouvrant des nouvelles possibilités pour vendre plus. Une aubaine pour les enseignes de fast fashion qui ont pu renforcer leur notoriété et leurs actions de communication.

Ce sont les nouveautés régulières et les prix défiants toute concurrence qui ont su séduire les consommateurs. Notamment les jeunes et les classes modestes. Ajoutons à ça les opérations commerciales (soldes, black friday, ventes privées,…), les influenceurs et influenceuses, les campagnes de pub payantes sur les réseaux sociaux et sur les moteurs de recherche. Tout pousse à consommer encore et toujours plus. Les prix faisant oublier la qualité (et la face cachée de la fast fashion : exploitation des ouvriers et destruction de l’environnement). Et si le t-shirt ne dure pas, ce n’est pas un problème, au contraire, on le remplacera avec la collection d’après…

Voilà la norme. Enfin, plutôt ce qu’est devenu la norme. La fast fashion a donc redessiné les codes du marché de la mode et a changé la façon de produire, de consommer, de communiquer. C’est aussi ça qui fait que la fast fashion existe encore et persiste. Elle évolue, se réinvente et suit les tendances… d’ailleurs elle veut même devenir “responsable” maintenant… (voir mon article  “Ce que la mode responsable oublie de dire” sur having fun pour creuser le sujet si tu le souhaites).

Faut-il boycotter la fast fashion ?

Telle est la question. Et la réponse est dans l’article. La fast fashion repose sur un modèle qui exploite les Hommes et détruit l’environnement. Cela uniquement pour proposer des prix bas et des nouveautés toute l’année. A partir de là, à chacune et chacun de faire son choix, en espérant avoir pu apporter quelques éléments supplémentaires pour faire le bon 😉

Pour prolonger votre lecture, on vous conseille le documentaire “The true cost” qu’on liste dans notre sélection de 10 films et documentaires sur l’écologie.(à venir)

Prochainement nous ferons un article pour creuser un peu plus le sujet et notamment nous intéresser aux alternatives possibles à la fast fashion.
Parmi elles il y a par exemple la mode responsable, plus éthique, plus durable, plus transparente et plus respectueuse de l’environnement. Une alternative désormais accessible sur Greenweez, rubrique “Mode & Loisirs” où déjà des dizaines de marques sont disponibles comme La Ferme d’Amalthée, Bonpied ou encore Montlimart 😉

Mathieu Quesada