Zéro déchets, écolo, slow cosmétique, colibris, bio, locavore, minimalistes, décroissants, licornes, etc… Une liste non exhaustive de mouvements qui rassemblent de personnes d’horizons différents, avec des convictions et une éthique différentes, mais qui pourtant se rejoignent sur bien des points.

Notamment sur ce qui endommage le capital de notre belle planète, avec souvent une certaine envie de consommer autrement.

Je vous propose un petit tour d’horizon des différents mouvements éco-responsables actuels qui proposent des alternatives intéressantes.

Zérowaste

Comme son nom l’indique, l’approche « zéro déchet » propose une gestion alternative des déchets, basée sur une économie circulaire. En France, l’association Cniid (Centre national d’information indépendante sur les déchets), créée en 1997 et devenue Zero Waste France, en 2014 a pour mission :

  • d’informer la population sur la problématique des déchets,
  • d’agir dans le but de prévenir et de réduire la quantité et la toxicité des déchets générés,
  • de militer pour la suppression des traitements des déchets les moins respectueux de l’environnement (stockage, incinération, etc.),
  • de promouvoir et soutenir une démarche zéro gaspillage et zéro déchet.

 

réduire ses déchets pour sauver la planète

L’association milite contre des pratiques polluantes. Par exemple, à Strasbourg, en janvier 2017, le groupe ZD Strasbourg a réussi à faire interdire l’utilisation des barquettes plastique dans les cantines municipales. De nombreux combats sont dans l’agenda de l’association.

Pour aller plus loin :

Slow

Le slow movement est apparu dans les années 1980. Il propose de ralentir le rythme de vie, face au stress généré par la vie moderne. Ce mouvement slow se décline en plusieurs branches : food, cities, cosmétique, etc…

Slow Food est un mouvement international à but non-lucratif qui veut rendre à l’alimentation toute sa valeur et sa place dans la société. En respectant les producteurs par une rémunération plus juste de leur travail, en respectant la nature, l’environnement et la biodiversité, en valorisant les saveurs et les traditions de chaque terroir et de chaque culture.

La slow cosmétique repose sur des principes simples : connaissance, bon sens et éthique. Le nombre de produits utilisés est limité, un œil critique sur la publicité agressive des marques est aussi préconisé. En France, le mouvement est porté par Julien Kaibeck, un passionné de beauté et de cosmétiques naturels qui enseigne l’aromathérapie en France et en Belgique.

Les grands principes de la slow sont :

ralentir pour une meilleure planète

  • Ralentir le rythme,
  • Revenir à la simplicité,
  • Prendre du temps pour soi, apprendre à se connaître,
  • Donner du temps aux autres : à sa famille, en créant du lien social, en étant acteur de sa commune, etc…
  • Se connecter à la nature : jardiner, composter, intégrer des gestes éco-responsables, pratiquer des activités en pleine nature,
  • Développer sa créativité,
  • Savourer le moment présent.

Pour aller plus loin :

Minimalisme, simplicité volontaire et sobriété heureuse

La simplicité volontaire est un mode de vie qui consiste à réduire volontairement sa consommation, ainsi que ses impacts. En Europe, on trouve les ébauches de son origine dans les écrits de Léon Tolstoï et de John Ruskin, et en Amérique du Nord chez Henry David Thoreau. Cette simplicité volontaire consiste à rechercher le bonheur dans une véritable « qualité de vie ». Elle s’oppose donc au discours qui tend à considérer le progrès technique et la consommation comme des améliorations . La philosophie de vie est née de l’opinion que la consommation accroît l’aliénation, et donc nous éloigne du bonheur.

La simplicité volontaire est une des composantes de la décroissance. Elle se situe cependant avant tout dans le cadre de l’initiative individuelle, et non des mesures collectives prises par la puissance publique. Cette simplicité volontaire s’est développée dans des sociétés post-industrielles, pour la plupart occidentales, à démocratie représentative.

La mise en œuvre de ce mode de vie, amène à repenser son travail, sa consommation, son alimentation, son habitat, sa santé, ses déplacements, ses loisirs, etc… Avant chaque acte de la vie quotidienne, il faut penser aux conséquences. Ai-je vraiment besoin de ce produit, de ce service ? Quelle est ma dépendance à l’argent, au matérialisme ? Quelles sont les conséquences pour l’homme et pour la planète ?

Pour certains intellectuels comme Pierre Rabhi, ou des économistes comme Serge Latouche, c’est le modèle de croissance sur lequel est basé notre société de consommation, qui est la cause de la crise que nous vivons. Ils prônent l’adoption d’un modèle économique alternatif : la prospérité sans croissance. D’après eux, les prélèvements que l’Homme effectue sur la planète dépassent la capacité de renouvellement de la biosphère. Pour simplifier, on pourrait faire plus et mieux avec ce que l’on a déjà. L’initiative est plutôt perçue comme individuelle : les changement se feront par le peuple, par les « consom’acteurs », qui « voteront » avec leur panier.

Pour aller plus loin :

Décroissance

Le mot « décroissance », est un concept politique, économique et social collectif, selon lequel la croissance économique est plus une source de nuisances que de bienfaits pour l’homme et la planète. Le processus d’industrialisation aurait plusieurs conséquences négatives : des problèmes économiques (chômage, précarité), l’aliénation au travail et la pollution.

Le premier objectif de la décroissance est de cesser de faire de la croissance. Partant du principe que : « On ne peut plus croître dans un monde fini », les « décroissants » prônent la simplicité volontaire. Ce mouvement de la décroissance est initié en 1972, par la publication du « rapport Meadows » intitulé Halte à la croissance.

Le concept de décroissance peut être approché par plusieurs axes et points de vues : politique, écologique, technologique, éthique. Au sein de ce courant sont recherchées des alternatives à la croissance, et des moyens de les inscrire dans la politique institutionnelle. C’est la raison de la création du Parti pour la décroissance en France en 2005.

Pour aller plus loin :

  • Paul Ariès : La simplicité volontaire contre le mythe de l’abondance
  • Serge Latouche : Petit traité de la décroissance sereine (Mille et une nuit)
  • Mark Boyle : L’Homme sans argent (Les arènes)
  • http://www.ladecroissance.net/

 

Locavores & amapiens

Le localisme est une doctrine qui privilégie le local sans se fixer de limites frontalières, tout en favorisant une démocratie participative, la cohésion sociale, l’économie de proximité, et la préservation de la planète via une empreinte écologique réduite. Le mouvement locavore  prône la consommation de nourriture produite dans un rayon allant de 100 à 250 kilomètres autour de son domicile.

Ce mouvement individuel encourage les « consom’acteurs » à acheter des produits frais et de saison. De préférence en circuits courts et en vente directe : sur les marchés, directement aux producteurs locaux, dans des AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), des maisons de producteurs, etc…

Les locavores choisissent la qualité des produit frais et locaux, dont les qualités organoleptiques seraient meilleures que celles des produits industriels. Le respect de l’environnement doit passer par le maintien des écosystèmes en évitant les monocultures.

Le terme « locavore » a été inventé par Jessica Prentice à San Francisco en 2005, lors de la journée mondiale de l’environnement. Il a été proposé aux résidents locaux d’essayer de manger uniquement des aliments cultivés ou produits dans un rayon de 160 kilomètres.

Pour aller plus loin :

  • Anne-Sophie NovelLe guide du locavore : pour mieux consommer local,
  • Michel CrosConsommer écolo : Locavores ou écoconsommateurs, rejoignez la tribu !
  • http://www.reseau-amap.org/

le sol cultivable de notre planète

 

Survivalisme & Preppers

Le survivalisme désigne des activités ou un mode de vie de groupes ou d’individus qui veulent se préparer à une catastrophe future, qu’elle soit environnementale, sociétale, économique ou technologique, ou plus simplement survivre face aux dangers de la nature. Les survivalistes apprennent différentes techniques de survie, stockent de la nourriture et des armes, construisent des abris, ou sont capables de se nourrir en milieu sauvage et/ou hostile.

Les néosurvivalistes prônent eux, une forte indépendance par rapport au système économique, et un quotidien plus proche de la nature. Ils souhaitent en effet se distancier des survivalistes « extrémistes », et se font appeler Preppers. Se cultiver, être auto-suffisant, faire soi-même autant que possible, s’engager auprès de son quartier, de son voisinage, mutualiser les ressources, sont leurs valeurs essentielles.

En France, le survivalisme se rapproche plutôt du concept d’autonomie que de prepping et de fin du monde. On y aborde le bushcraft et la survie, mais aussi la permaculture, les sources d’énergies renouvelables, l’éco-conception d’habitats alternatifs, etc…

Pour aller plus loin :

  • Gilles Lartigot : EAT : Chroniques d’un fauve dans la jungle alimentaire (Winterfields)
  • Piero San Giorgio : Survivre à l’effondrement économique (Le retour aux sources)
  • http://lesurvivaliste.blogspot.fr/

 

Eco-lieux

Un éco-lieu (ou éco-village, éco-quartier, éco-hameau), est une micro-société, le plus souvent rurale, tendant vers l’autosuffisance., Elle est basée sur une économie alternative en donnant une place importante à l’écologie. L’homme en harmonie avec son environnement, respectant l’ écosystème dans lequel il évolue : « ne pas prendre à la terre plus que ce qu’on peut lui retourner ».

L’agro-écologie, l’agro-foresterie et la permaculture y occupent des places de choix. Les constructions écologiques, les énergies renouvelables, la démocratie participative, le développement personnel, le caractère multi-générationnel et multi-social, et les pédagogies alternatives font partie des valeurs mises en avant.

Ces modèles de communautés varient de l’une à l’autre, ce qui amène de la confusion entre les différents types de projets. Aucun éco-village ne fonctionne de la même manière. Certains sont plus « politisés », tandis que d’autres mettent en avant la qualité de vie ou le développement culturel du lieu. Le point commun de toutes ces projets est cependant d’avoir un lieu de vie collectif, solidaire et respectueux de notre planète.

Les éco-lieux sont donc de véritables laboratoires d’expérimentations alternatives. La collectivité permet l’ échange de connaissances, la mise en commun des savoirs-faire, et le partage de matériel et d’outils. Cependant, cette même collectivité constitue aussi le plus difficile des défis, dans un monde où l’individualisme est prépondérant.

Pour aller plus loin :

  • Emmanuel-Yves Monin, Chez les bâtisseurs d’utopies : Des pays de Cocagne, phalanstères, communautés, ashrams, aux éco-villages et autres alternatives post-new-age (Yves Monin)
  • http://www.passerelleco.info/

 

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