Surfrider Foundation : “Tout commence par 1 geste”

Surfrider Foundation, agir ensemble pour l'Océan

Il nous apaise, il nous ressource, il nous fait voyager. Les effluves iodés des embruns, le doux tumulte du ressac, le sable fin qui se dérobe sous nos pieds délicats… L’Océan, on l’aime tous, de près ou de loin, les pieds dans l’eau ou en photo. Mais l’aimer, n’est-ce pas aussi le préserver ? En effet, l’activité humaine a un impact considérable – et considérablement dévastateur – sur celui qui joue pourtant un rôle essentiel dans la régulation du climat. Et il nous appartient à tous, institutions, entreprises et citoyens, de nous lever pour protéger l’Océan. C’est le combat que mène depuis 30 ans Surfrider Foundation. 

On ne nous demande pas de réformer radicalement notre mode de vie, du jour au lendemain. Non. Mais tout simplement d’agir un jour après l’autre, à notre portée, parce que chaque geste compte, parce que “tout commence par un premier geste, celui qui ouvre la voie”. Rencontre avec Antidia Citores, porte-parole de cette association qui s’est érigée en véritable gardienne de l’Océan :

Surfrider Foundation, gardienne de l’Océan en péril

Il est difficile de considérer qu’il y a une accélération de l’impact de l’activité humaine sur l’Océan. Néanmoins, aujourd’hui nous connaissons désormais bien mieux l’Océan et les effets néfastes de nos activités sur ce milieu. Ainsi, le rapport Spécial du GIECC sur l’Océan et la Cryosphère est assez alarmiste et édifiant en la matière.

Il est clair que l’accumulation sur les dernières décennies (la pollution chimique, la pollution plastique – également chimique -, le changement climatique) sont en train de repousser dangereusement les limites de la résilience de ce milieu qui est le principal régulateur du climat. Malheureusement, ce constat est observable partout dans le Monde :

  • Ainsi, on retrouve des microplastiques dans la fosse des Mariannes.
  • On retrouve également des traces de gaz à effet de serre dans les zones polaires.
  • La montée des eaux concerne tous les continents.
  • Par ailleurs, des continents plastiques surnagent dans toutes les bassins océaniques.
  • 675 espèces dans le Monde sont touchées par la pollution plastique…

Il y a en outre des zones encore plus préoccupantes : ce sont les zones dites anoxiques ou mortes. Dans ces zones, l’Océan est tellement impacté qu’il n’est plus en capacité de produire de l’Oxygène, aucune vie n’est possible. Or, les scientifiques en recensent de plus en plus…

Tous ces impacts sont d’origine humaine donc, la bonne nouvelle, c’est que nous faisons partie de la solution !

Surfrider Foundation : un message invitant à l’engagement

La campagne Just One Thing, lancée à l’occasion de notre 30e anniversaire et de la Journée Mondiale de l’Océan 2020, a été une formidable opportunité pour reconnecter avec les sportifs, notre “communauté mère”. En effet, c’est d’un partenariat avec des acteurs du sport qu’est née cette initiative, tout comme Surfrider a été créée il y a 30 ans par des surfeurs en colère.

Campagne Just 1 Thing, Surfrider Foundation

S’il y a 30 ans nous portions ce message d’indignation contre la pollution de l’Océan – message qui ne nous a pas quitté -, nous avons voulu le transformer en un message porteur de solution et invitant à l’engagement. Cet engagement, nous le partageons depuis 30 ans et aujourd’hui, nous invitons chaque citoyen à s’y associer par un Just One Thing.

“Chacun d’entre nous est un surfeur en colère ou un amoureux de l’Océan qui peut, grâce à un geste du quotidien, engendrer un mouvement planétaire pouvant faire la différence”.

A notre sens, l’idée que chacun fait sa part est un message qui peut être partagé par tous, pas seulement les ONG.

Notre philosophie nous invite à réfléchir sur notre responsabilité en tant que citoyen : notre capacité à faire des choix politiques ou de consommateurs ; notre aptitude à prendre connaissance ; à mieux nous approprier des notions environnementales ; à changer d’attitude, d’opinion sur un sujet ; et enfin à nous remettre en question – ou pas – et avoir un impact sur ces enjeux globaux.

C’est ce cheminement qui est la philosophie de Surfrider Foundation Europe : une théorie du mouvement en mouvement, comme un surfeur sur la vague qui le porte. Un mouvement qui peut être porté par tous, des institutions aux citoyens, en passant par les entreprises.

Just One Thing : Je, tu, nous pouvons tous agir pour les Océans

En tant qu’individu, nous pouvons, dans notre rôle d’électeur comme de consommateur, avoir un impact réducteur sur ces pollutions.

Comment puis-je agir en tant qu’électeur ?

Lors des élections qui se présentent à moi, je peux ainsi choisir des idées politiques qui promeuvent la protection de l’environnement et de l’Océan en particulier.

En 2019, Surfrider Foundation Europe avait lancé une campagne dite Voice For The Ocean pour éclairer les votants aux élections européennes mais aussi recueillir leurs souhaits pour le prochain mandat.

Comment puis-je agir en tant que consommateur ?

Et puis, en tant que consommateur, il est possible de changer de comportement si ce n’est pas déjà le cas.

J’agis au quotidien :

Ainsi, je peux privilégier le local. Je peux par ailleurs stopper la vague de plastique en privilégiant le réutilisable et en ne me laissant pas séduire par le biodégradable ou bioplastique. En effet, ce sont de fausses bonnes idées : il s’agit toujours de produit jetables, jamais complètement biosourcés ni biodégradables. Et, quand ils sont biosourcés, c’est souvent à base d’amidon de mais ou pommes de terre, deux cultures gourmandes en eau qui contribuent de façon importante au stress hydrique. Sans parler des intrants chimiques.

Aussi, Surfrider Foundation Europe préconise tout simplement le réutilisable.

C’est d’ailleurs à cet effet que nous avons lancé notre campagne Break the plastic wave, vouée à encourager chacun d’entre nous – institutions, entreprises, citoyens – dans la lutte contre la pollution plastique.

J’agis lors de mes balades :

En tant que citoyen, quelques gestes simples peuvent faire toute la différence lors de mes balades :

  • En premier lieu, je pense à avoir ma gourde toujours sur moi.
  • Par ailleurs, si je prends le goûter, je privilégie un fruit, voire un gâteau ou du salé sans suremballage plastique.
  • Evidemment, je rapporte mes déchets avec moi s’il y en a.
  • Enfin, si des mesures de distanciation l’impliquent, je mets mon masque en tissu

Il n’y a pas de petit geste… Et vous, quel est le vôtre ?

Marion B.

Crédit photo : Surfrider Foundation Europe, Shutterstock (image de Une)